Professeur François Carré,
cardiologue et médecin du sport

Coeur et ultra-endurance, des relations à risque ?

L’exercice physique bien réalisé est bénéfique pour la santé et sa pratique doit toujours être encouragée. Lors de sa réalisation, l’exercice est une contrainte pour l’ensemble de l’organisme car il perturbe l’équilibre de repos. De très nombreux organes dont les poumons, le cœur et les vaisseaux, les glandes endocrines, les muscles, les os et les articulations sans oublier bien sûr le cerveau vont ainsi être sollicités.

Le cœur est une pompe qui permet à un liquide, le sang, de circuler dans des conduits, les vaisseaux. Le cœur et les vaisseaux ont un rôle essentiel lors de l’exercice musculaire. Ils acheminent le sang aux muscles qui travaillent. Ce sang a plusieurs rôles, apporter l’oxygène et les carburants et éliminer les déchets produits dont la chaleur. En effet, tout exercice musculaire produit de la chaleur qui doit absolument être éliminée pour que l’exercice se prolonge. Ainsi le sang est le liquide de refroidissement du corps.

On comprend donc facilement, que le système cardiovasculaire doit être tout à fait normal pour pouvoir réaliser un exercice physique intense et de longue durée. Un bilan médical de contrôle est donc indispensable avant la réalisation de ce type d’effort pour éviter la survenu d’un accident potentiellement grave.

Un entraînement régulier et progressivement croissant va d’une part améliorer l’efficacité du système cardiovasculaire et d’autre part diminuer le risque d’accident cardiaque. Dans tous les cas lors de la réalisation d’un effort prolongé, le pratiquant doit rester à l’écoute de ses sensations. En effet, l’entraînement physique qui est bénéfique pour la santé n’immunise pas totalement contre les possibles accidents.

Lors d’un effort d’ultra endurance, au niveau cardiovasculaire il faut toujours veiller à une bonne hydratation, afin d’éviter la déshydratation qui va toujours diminuer l’efficacité du travail cardiaque et gêner le refroidissement du corps. En effet, plus l’exercice est intense et prolongé et plus la quantité de chaleur produite est importante. Cette hydratation doit se faire pendant la course bien sûr mais aussi lors des périodes de récupération entre les étapes.

Une fatigue cardiaque peut s’observer après des épreuves très longues. Ceci n’est pas étonnant car le cœur est un muscle un peu différent des autres, mais un muscle quand même. Sa capacité de récupération est heureusement excellente et quelques heures après l’arrêt de l’effort, la plupart de signes de fatigue cardiaque ont disparus.

Une épreuve comme celle à laquelle se prépare Gloria nécessite un entraînement très régulier et adapté. Elle a donc prévue de se faire aider dans sa planification par des spécialistes de l’entraînement et de la physiologie musculaire. L’utilisation d’un cardiofréquencemètre peut être utile mais ne paraît pas indispensable dans une épreuve comme celle que Gloria Nasr se prépare à faire. En effet ce type d’épreuve exceptionnelle réclame d’abord une excellente préparation physique réalisée sur un temps prolongé et une parfaite connaissance de ses sensations et allures.

Dans tous les cas pour ce type d’exploit, un bon cœur est indispensable mais la clé du succès est ostéo-articulaire et musculaire et surtout, surtout mental.

 
 
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