| 17/05/2010 |
Comment résumer en quelques lignes une aventure si riche et si intense ? Le SULTAN MARATHON DES SABLES, ma plus belle course, ma plus belle aventure.
J’ai eu la chance de rencontrer le désert en participant , du 2 au 12 Avril 2010, au marathon des sables. Depuis que la course à pied est entrée dans ma vie, le marathon des sables est vite devenu l’épreuve mythique à ne pas manquer pour son intensité, sa réputation de course la plus difficile du monde et ses valeurs. J’ai découvert la richesse des rencontres avec les autres, 43 nationalités présentes, avec moi-même et suis restée à tout jamais fascinée par la beauté des paysages du Sahara sud marocain.
Après une interruption forcée de ma préparation, je décide de maintenir ma participation avec un objectif très modeste : Découvrir le désert, cet endroit secret et mystérieux et faire le maximum d’étapes.
Tout était réuni pour faire de ce 25ème Marathon des sables un grand cru anniversaire. L’édition la plus folle, la plus longue et la plus dure selon les dires des anciens.
Ce marathon de l’extrême, se déroule en six étapes que nous devons parcourir en sept jours, pour un total de 250km. Six étapes dont une étape marathon et une étape non stop de 82km en partie de nuit. L’itinéraire emprunte toutes sortes de terrains et les paysages sont tellement diversifiés : Dunes, plateaux cailloteux, pistes, oueds asséchés, palmeraies, petite montagne.
La difficulté de l’épreuve vient de la chaleur une moyenne de 45°cette année, de l’autosuffisance, des conditions de vie car nous dormons à même le sol dans des tentes berbères. L’autosuffisance est totale exceptée pour l’approvisionnement en eau (1,5L/10Km). On court donc avec un sac à dos qui contient notre alimentation et nos besoins pour la semaine. Le mien pesait 7,5kg sans l’eau. J’ai donc couru avec 9Kg, 19% de mon poids. De ce fait, l’organisme dans son ensemble est mis à contribution.
Le marathon des sables est une course de gestion « gérer sa course c’est réussir sa course ». Il faut gérer efforts , alimentation , besoins hydriques, ampoules et blessures.
Dès le départ, je joue la carte de la prudence et j’aborde ce marathon comme une balade dans le désert.
Etape 1, le 04 Avril, 29km
Les paysages sont somptueux. Les passages de dunes suivis de oued puis de piste avec des montées.
Etape 2, le 05 Avril, 35km
Marquée par la montée du Djebel au Km 28, avec 25% de dénivelé sur 2 km puis aprés la descente 2 km de dunes pour finir.
Etape 3 le 06/04, 40km
De longues lignes droites de 12 km. A l'arrivée 2 jolies dunes. Une température caniculaire 47°C
Etape 4 le 7/04, l’étape phare, 82,2 km
Grandes plaines cailloteuses, dunes et Djebel sont au programme. Certains mettront deux jours pour finir cette étape. Je décide de la faire d’une traite, je ne dormirai pas .La partie nocturne restera à jamais gravée dans ma mémoire. J’ai couru seule la nuit dans le désert en suivant un rayon laser qui traversait le ciel et qui servait de balisage. Un moment magique, une sorte de rêve tout éveillé. Je savoure le silence du désert et avance comme un automate avec la seule volonté de ne pas tomber de sommeil. Je suis en immersion totale dans la solitude de ce grand espace. Arrivée à 5h du matin, je peux profiter de toute une journée de récupération.
Etape 5 le 09/04, 42,2km
Un marathon en décrassage de l’étape longue ! L’itinéraire est plutôt roulant puis un franchissement d’oued sec, de passages vallonnés et de plateaux légèrement caillouteux. Derniers kilomètres dans des dunettes plantées de tamaris
Etape 6, le 10/04, 21,1 km
Riche de dunes envoûtantes de beauté. On termine dans les dunes de Merzouga les plus hautes du Maroc, la partie la plus emblématique de ce sultan marathon des sables. Une larme ambivalente à l’arrivée, heureuse d’avoir pu aller au bout de cette épreuve grandiose mais tellement triste que ça soit terminé.
Voilà c’est fini ! Cette 25ème édition du MDS, ma première, une aventure intime et collective. Elle me laisse dans la tête des images inoubliables, de partage, de la joie, du plaisir, de la solidarité, de la complicité, du rire, des larmes, du silence, de la solitude, de la fierté et beaucoup d’émotion. C’est un peu tout cela dont j’avais rêvé en venant ici, le désert et le Sultan marathon des sables me l’ont offert.
Je me suis sentie en parfaite osmose dans ce milieu sublime qu’est le désert. J’étais simplement très heureuse. Je n’ai, à aucun moment, été découragée.
Vivement 2011
« Je pourrai vous écrire des pages mais « Parler du désert, ne serait-ce pas, d’abord, se taire, comme lui, et lui rendre hommage non de nos vains bavardages mais de notre silence ? »
[ Théodore Monod ] |